Vive et enthousiaste, Jocelyne Saab avoue devoir brider sa spontanéité lorsqu'elle parle de Dunia, le film qu'elle a tourné l'année dernière au Caire et qui a provoqué un véritable séisme politique et médiatique en Egypte. Il faut dire que derrière ses allures de mélodrame flamboyant dans la grande tradition du cinéma égyptien, Dunia aborde un thème aussi sensible et délicat que le désir féminin et sa négation la plus brutale, l'excision. Cela lui a valu des attaques féroces de la part des milieux intégristes qui n'ont pas supporté qu'une femme, de surcroît étrangère (elle est d'origine libanaise) s'attaque à des sujets aussi tabous. Et ils ont décidé de tout faire pour empêcher la sortie du film, qui a pourtant obtenu le feu vert de la censure et a été acheté par la télévision nationale égyptienne. Pourtant, Dunia n'a rien d'un film militant ou provocateur. C'est au contraire une oeuvre d'une grande délicatesse, un hymne à la beauté et à la sensualité d'un Orient des Mille et Une Nuits face à l'oppression et au désir mutilé.
Dès le premier plan du film, dans les rues du Caire, on est frappé par son esthétique colorée, chaleureuse, comme dans une comédie musicale...
Éric Steiner, avec Florence Michel

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